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La cryothérapie (ou la difficulté de la preuve en sport)

Le 29 novembre 2016

Depuis une dizaine d'années, le froid est au centre des méthodes de récupération. Que ce soit avec des moyens basiques tels que les bains d'eau glacée ou de haute technologie comme la cryothérapie corps entier de l'INSEP où l'athlète peut passer un court moment dans une pièce à -110°C !

C'est dans ce contexte que la revue Sport et Vie publie, dans son numéro de novembre/décembre, un article critique de deux universitaires français qui indique que ces méthodes n'ont non seulement pas fait la preuve de leur efficacité mais ont probablement un effet négatif sur la performance à long terme.

Au delà de la question de la récupération, l'article illustre bien toute la difficulté qu'il y a à prouver quelquechose de façon scientifique dans le domaine sportif.

Une méthode scientifique difficile à mettre en oeuvre

Pour adopter une méthode réellement scientifique, il faudrait réunir un groupe de sportifs le plus large possible et les séparer aléatoirement entre un groupe expérimental qui appliquerait la méthode de récupération et un groupe contrôle sur qui ne serait appliqué aucun traitement.

Or, faute de moyens, peu d'études dans le domaine sportif se font avec un grand nombre d'individus. Souvent, elles réunissent une dizaine d'athlètes ce qui diminue la fiabilité des résultats.

De plus, pour éviter le biais lié à l'effet placebo, les sportifs ne devraient idéalement pas savoir s'ils appartiennent au groupe contrôle ou au groupe expérimental. Lorsqu'on teste des médicaments, on peut par exemple donner au groupe de contrôle une pilule qui ne contient aucun principe actif. Dans le sport, cela est beaucoup plus difficile. Que l'on teste des méthodes de récupération, d'entraînement ou d'échauffement, le sportif sait généralement ce qu'il fait... ou ne fait pas.

Il est donc toujours difficile de différencier :

  • L'effet placebo ou plus globalement l'effet psychologique.
  • L'impact biologique qu'il n'est pas toujours évident de quantifier.

Le dernier problème dans les études sur le sport est de différencier les effets à long terme des effets à court terme. C'est un aspect particulièrement important au niveau de la récupération. En effet, une méthode peut permettre une amélioration de la récupération à court terme mais diminuer les processus d'adaptation qui permettent aux muscles de se renforcer sur le long terme.

La biopsie pour apporter un résultat final?

Pour évaluer réellement et dans toute leur complexité les processus biologiques, il faut donc parfois recourir à des prélèvements musculaires (biopsies) et mesurer un certain nombre de marqueurs liés à l'exercice et à la récupération. Ce type de prélèvement représente un protocole assez lourd qui peut être douloureux ou en tout cas gêner l'entraînement les jours suivants. Bien que riche d'enseignement, il est donc rarement utilisé.

L'article de Sport et Vie reprend des travaux néo-zélandais où les chercheurs ont pu effectuer ce type de prélévement chez des athlètes qui avaient réalisé des séances très intenses suivies de 10 minutes de bains d'eau glacée. Ils ont mesuré l'activité de plusieurs enzymes qui permettent normalement l'hypertrophie (c'est-à-dire le développement) musculaire et ont constaté que le froid diminuait cette activité. Ils en ont ainsi conclu que le froid était néfaste pour les adaptations musculaires à long terme.

Ces travaux récents marqueront-ils la fin de la cryothérapie ? Si elle ne semble peut-être plus être une méthode miracle, il est peu probable qu'elle soit pour autant immédiatement mise de côté. Les travaux présentés n'ont testé que certains protocoles et ils pourront eux-mêmes être critiqués. Il faudra aussi faire la différence entre une utilisation dans un contexte de compétition et une utilisation en période d'entraînement car les enjeux liés à la récupération ne sont pas les mêmes. Il est très difficile dans le sport d'arriver à des conclusions définitives et, forcément, ceci est vrai dans un sens comme dans l'autre.

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Références
Sport et Vie, numéro 159 (novembre/décembre 2016)

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