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Alexander Popov : invincible

Le 12 octobre 2009

Alexander PopovPendant ses premières années, Alexander Popov est régulièrement sujet à des pneumonies qui auraient pu lui couter la vie à plusieurs reprises. Sensibilisé à l'action préventive du sport, son père l'inscrit à des cours de natation à partir de 6 ans. Mais cela ne l'intéresse pas beaucoup. Il préfère aller jouer dehors, en n'oubliant pas de mouiller ses affaires avant de rentrer à la maison pour ne pas éveiller les soupçons de ses parents. C'est pourtant lui qui deviendra quelques années plus tard, un des plus grands nageurs de l'histoire.

Malgré une qualité sonore parfois défaillante, nous avons souhaité mieux retracer cette longue carrière grâce à différentes vidéos provenant du site Youtube.

Le produit de l'école russe

Les jeux olympiques de Moscou, en 1980, sont un déclic. Le jeune Popov rêve alors de porter les couleurs de l'URSS et commence à s'entraîner sérieusement. A 14 ans, il dispute ses premiers championnats nationaux et réalise 1'08 sur le 100 mètres dos, nage qui est devenue sa spécialité. Il progresse rapidement et passe sous la minute à 16 ans. Dans son livre nager dans le vrai, Popov explore ses motivations. Il décrit la soif de progression et le plaisir de maîtriser de nouvelles techniques qui l'animent depuis le plus jeune âge. Il voit la compétition comme une mise en pratique de tout ce qu'il a appris à l'entraînement et la vit avant tout comme "un challenge contre lui-même".

Un entraîneur réputé, Gennadi Touretski, repère le talent du jeune nageur lors de la finale B des championnats nationaux juniors. Les Russes cherchent alors un nageur capable de mettre fin à la suprématie américaine en nage libre. Cependant, les choses ne sont pas précipitées. Comme le veut la tradition russe, le nageur continue à mûrir dans son groupe jusqu'à la fin des années juniors et il s'écoulera plus de 2 ans avant que Popov ne rejoigne Touretsky. Il est alors âgé de 19 ans et va abandonner le dos pour se consacrer à la nage libre.

Popov fait ses premiers pas avec Touretski lors d'un camp d'entraînement dans les montagnes du Kazakhstan. Ses méthodes sont déroutantes : peu de kilomètres, des marches en montagne pour la préparation physique et des jeux de ballons en guise d'échauffement. En réalité, l'objectif central de l'entraînement mis en place est de développer une technique efficace. Guennadi Touretski expliquera ainsi que "les volumes d'entraînement d'Alexander Popov sont déterminés par la distance qu'il peut parcourir sans s'effondrer techniquement". Ces camps d'entraînement sont aussi le début d'une relation profonde entre les deux hommes que Popov qualifiera plus tard de plus grande fierté de sa carrière. Loin d'être omniprésent, Guennadi Touretski laisse une grande marge de liberté à tous ses nageurs et à Popov en particulier dont il a perçu le besoin de connaissance et la capacité de créativité.

Une domination totale sur le sprint mondial de 1991 à 1996.

Sa carrière internationale débute sous les meilleurs auspices aux championnats d'Europe d'Athènes en 1991. Il remporte 3 titres, le 100 mètres nage libre et les deux relais 4x100, et se fait déjà un nom sur la scène mondiale.

Il n'est pourtant qu'un outsider lors des jeux de Barcelone un an plus tard (les premiers depuis 20 ans à ne pas subir de boycott). Le régime communiste s'est effondré et c'est sous le drapeau d'une "équipe unifiée" regroupant douze des quinze anciennes républiques soviétiques que Popov y participe. Alors qu'il n'a pas encore 21 ans, Popov surpasse les Américains et atteint la consécration en réalisant un doublé sur 50 et 100 mètres nage libre. Sa maîtrise technique est impressionnante : là où son principal concurrent Matt Biondi parcourt la longueur en 36 mouvements, lui n'en a besoin que de 33.

Derrière Popov qui en est devenu la tête de file, c'est l'ensemble du groupe de Touretski qui réalise des performances spectaculaires avec un total 5 médailles d'or et 4 en argent. L'entraîneur reçoit alors de nombreuses sollicitations et décide de s'engager pour 4 ans avec la fédération australienne. Quelques mois plus tard, Popov est autorisé à suivre Touretski tout en conservant sa nationalité, ce qui n'aurait probablement pas été possible sous l'ancienne URSS. Il restera toujours fidèle à la Russie malgré l'avantage financier considérable qu'aurait pu représenter un changement de nationalité. Dans son livre, il rapporte ainsi qu'à partir de 1996 il ne reçoit plus de l'administration russe que "l'équivalent de 1200 francs par mois".

Après les jeux de Barcelone, Alexander Popov vit 4 années d'invincibilité totale sur le sprint mondial. Une forte rivalité va cependant s'installer avec le jeune Américain Gary Hall Jr qui rêve de le détrôner. Les deux hommes se livrent une guerre psychologique sans merci dont les jeux d'Atlanta sont le point d'orgue. Devant le public américain, la finale du 100 mètres se déroule dans un climat électrique comme le montre la vidéo suivante :

Popov remporte cette finale dans les tous derniers mètres et devient le premier nageur depuis Johnny Weissmuller en 1928 à conserver son titre sur cette distance. Il s'adjuge également le 50 mètres quelques jours plus tard.

A son retour à Moscou, il est pris malgré lui dans une bagarre et reçoit un coup de couteau à l'abdomen. Il est sévèrement touché, plusieurs organes ont été atteints. Contrairement à la procédure habituelle, le chirurgien décide de ne pas retirer les organes abîmés, décision sans laquelle le nageur russe n'aurait probablement pas pu poursuivre sa carrière.

Après l'agression, Popov remonte la pente mais connaît une concurrence de plus en plus forte

Popov a perdu 7 kilos et entame une difficile convalescence mais son mental n'est pas atteint, bien au contraire. Pour l'aider à retrouver sa condition physique Touretski innove et lui propose une nouvelle forme d'entraînement où s'alternent 3 semaines de travail et 2 semaines de repos relatif. Les championnats d'Europe de Séville constituent son premier vrai test depuis l'agression et le nageur russe domine les débats. Pour la troisième fois consécutive, il remporte les titres sur 50 et 100 nage libre ainsi que sur les deux relais 4x100.

En 2000 ont lieu les jeux de Sydney et Popov a à cœur de défendre ses titres. Le début de saison est encourageant : il bat le record du 50 mètres nage libre lors des sélections russes dans une course spéciale où il a demandé à ce que les lignes d'eau adjacentes à la sienne soient libérées pour ne pas être ralenti.

Ce record ne sera battu que 8 ans plus tard par Eamon Sullivan, équipé d'une combinaison révolutionnaire avec des plaques de polyuréthane (LZR racer). Cette différence fondamentale de matériel (le record de Popov étant établi en slip de bain) conduit certains observateurs à penser que Popov est encore aujourd'hui le nageur le plus rapide de tous les temps.

Les jeux de Sydney marquent d'ailleurs l'arrivée des premières combinaisons. Popov y est réfractaire, les accusant de dénaturer son sport et d'avantager les nageurs moyens (quelques années plus tard, il se résoudra tout de même à porter un pantalon). De plus, Touretski est absent, accaparé par ses obligations auprès de la délégation australienne. Enfin, le niveau international a progressé avec en particulier la montée en puissance du hollandais Pieter van den Hoogenband. Dans ces conditions, Popov ne peut tenir son rang, il termine 2ème du 100 mètres et 6ème du 50 mètres nage libre.

Les trois années qui suivent sont mitigées mais le champion russe va être capable d'un sursaut extraordinaire aux mondiaux de Barcelone de 2003. Malgré une solide concurrence, Popov s'impose sur 50 et 100 mètres nage libre et remporte le relais 4x100 nage libre avec l'équipe russe. Sa fréquence est toujours nettement plus basse que ses concurrents. Dans la finale du 100m, il fait 28 mouvements à l'aller et 34 au retour Pieter van den Hoogenband en fait 34 et 40.

Il termine sa carrière internationale à Athènes en 2004 dans la ville où il l'avait commencée 13 ans plus tôt. Pour ses derniers jeux, il ne peut cependant pas atteindre les finales dans les nages individuelles.

Un palmarès impressionnant

Alexander Popov est titulaire d'un palmarès considérable avec en particulier 9 médailles olympiques dont 4 en or, 6 titres de champion du monde et 21 titres de champion d'Europe en grand bassin. Le duo Popov-Tourestski a été en pointe dans les domaines de l'entraînement et de la technique pendant 13 ans, faisant progresser la natation dans son ensemble et inspirant de nombreux autres nageurs et entraîneurs. Popov continue aujourd'hui à s'investir dans le monde du sport, en particulier en tant qu'élu au CIO.

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