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Jean Boiteux : Une vie dédiée à la natation

Le 18 juin 2011

portrait de Jean Boiteux

Photo : M. Dumergue

Avant d'être un destin personnel, la natation est pour Jean Boiteux une affaire de famille. Père, mère, oncle, frères et soeurs, tous ont nagé en compétition. Sa mère a même déjà été sélectionnée deux fois aux jeux olympiques en 1924 et 1928, et ce n'est pas tout à fait un hasard si le bassin de retenue d'eau de la propriété agricole familiale fait 25 mètres de long.

Ses débuts à Toulouse

En 1946, c'est donc déjà en passionné que Jean Boiteux assiste à la « Semaine des records » à Marseille. Il a 13 ans et admire les performances de son idole, le Toulousain Alex Jany, qui prend à cette occasion le record du monde du 200 mètres nage libre (2'05''4). Tandis que le fils regarde le nageur, son père en profite pour rencontrer l'entraîneur, un certain Alban Minville qui dirige les Dauphins du TOEC d'une main de maître. Le club toulousain représente alors à lui seul l'essentiel de l'équipe de France et, quelques mois plus tard, Jean part en internat dans la ville rose pour les rejoindre.

Il progresse alors rapidement et, en à peine 2 ans, rejoint le niveau de ses idoles. C'est d'ailleurs en relais avec Alex Jany et Alfred Nakache qu'il obtient son premier titre de champion de France sur le 3x100 3 nages (les 4 nages n'existent pas encore en compétition).

Il poursuit son ascension et empoche 3 médailles d'argent aux championnats d'Europe de 1950 puis un record d'Europe sur 400 mètres nage libre en 4'33''3, le premier d'une série de dix.

Helsinki, la consécration

Il fait ainsi parti des favoris lorsqu'il se présente aux jeux d'Helsinki en 1952. Aucun Français n'a alors encore remporté le titre olympique si ce n'est Jean Devendeville en 1900, vainqueur dans une épreuve un peu particulière et très différente de celles que nous connaissons aujourd'hui, le 60 mètres sous l'eau. Le 4x200 fait office de tour de chauffe, Jean Boiteux y effectue un superbe dernier relais et offre à la France une 3ème place.

C'est donc confiant qu'il aborde la finale du 400 mètres nage libre. Tactiquement, la course a été minutieusement préparée avec Alban Minville et le plan est suivi à la lettre. Jean Boiteux imprime un train élevé et continu, tournant à moins d'1'10 sur chacun de ses 100 mètres. Il parvient ainsi à éviter le retour de ses concurrents et s'impose en 4'30''7.

portrait de Jean Boiteux

C'est alors que les spectateurs assistent à une scène qui restera dans les annales du sport. Avant même que tous les concurrents aient fini leur course, Gaston Boiteux se faufile entre les chronométreurs et se jette tout habillé dans la piscine, avec ses chaussures et son béret, pour embrasser son fils ! Une image qui fera le tour du monde.

Après les jeux, Jean Boiteux prend une année sabbatique puis effectue son service militaire en Algérie. Sa progression est freinée mais cela ne l'empêche pas d'ajouter à son palmarès 5 titres de champion de France supplémentaires entre 1954 et 1956. A la fin de sa carrière, il en aura remporté 21.

Mais pendant ce temps-là, la natation mondiale se transforme rapidement. Les meilleurs nageurs mondiaux nagent de plus en plus de kilomètres et adoptent des méthodes d'entraînement de plus en plus rigoureuses. Dans ce contexte, aux jeux de Melbourne en 1956, Jean Boiteux ne parvient pas à se qualifier pour la finale sur 400 mètres et à défendre son titre. Il faudra attendre Laure Manaudou en 2004, 52 ans après Helsinki, pour entendre de nouveau la Marseillaise lors des épreuves de natation des jeux olympiques.

Une passion inébranlable

Le parcours de Jean Boiteux est pourtant loin d'être terminé et il va oeuvrer jusqu'à la fin de sa vie pour le développement de son sport. Il est nommé conseiller technique régional et entraîneur de la section natation des Girondins de Bordeaux, postes qu'il occupe pendant plus de 40 ans. A sa retraite en 1998, la passion ne s'est pas éteinte et il devient président des Girondins, une fonction qu'il assure pendant 12 ans jusqu'à son décès accidentel en avril 2010. De nombreux hommages lui sont alors rendus, saluant son parcours et son engagement sans faille au service de la natation.

Vidéo de la médaille d'or de Jean Boiteux (en anglais)

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