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Je pense que ce reportage est doublement intéressant D'une part parce qu'il replace l'homme dans un contexte d'animal sociable, et non plus comme l'unique maillon supérieur d'une chaine écologique qui lui appartiendrait, d'autre part parce qu'il nous interroge sur la nature même de ce que nous nommons conscience.
Le cerveau est un organe comme les autres, et, si il est assez réducteur de tout limiter à des phénomènes biochimiques, on voit, ( avec les drogues neurotoxiques notamment) que bon nombre de nos comportements sont conditionnés par des réactions chimiques. L'inconscient, ou l'inconscient collectif me semble être plus le produit d'une conception réflexive sur la condition de l'homme qu'une réalité formelle ... Je pense que l'Inconscient, comme le Temps, l'Espace, etc... sont des notions que nous avons formalisées pour expliquer des phénomènes qui nous dépasse ou nous entourent. Autrefois les dieux et les déesses donnaient au peuple des raisons pour les moussons, la nuit, le jour, le lever du soleil et rendaient le monde plus compréhensible. Aujourd'hui la science cherche à expliquer, par la même démarche analytique ce qui nous entoure, ce qui nous fonde, ce qui nous motive. La seule différence c'est la nature des réponses qu'elle nous offre. L'homme est un animal particulier, un animal qui a besoin de réponses pour analyser, maitriser, comprendre et agir sur son environnement. Cette soif de compréhension (presque au sens latin du terme) nous amène à des protocoles, que l'on nomme scientifiques pour mettre des mots, des concepts sur ce qui nous entoure.
A partir de là, je ne dis pas que l'inconscient n'existe pas... je dis qu'il existe parce que nous le percevons comme tel, parce que nous l'avons formalisé : c'est cela en avoir "conscience"... Mais, cette conscience réflexive ne nous libère pas de notre condition d'homme, d'animal sociable, d'ensemble de cellules, et de réactions chimiques...
Souvent, quand je réfléchis à cela, j'ai une phase d'Alfred de Vigny dans la tête qui me revient : " Borné dans sa nature et dans ses vœux / L'homme est un dieu tombé, qui se souvient des cieux"... je crois que c'est un peu le double tranchant de notre nature : Nous avons la conscience, nous pouvons réfléchir et agir sur nous même et sur notre environnement mais nous ne pouvons être plus que ce que nous sommes intrinsèquement : des animaux, rien de plus ! De même, en considérant que nous pensons sur le même mode ( en terme de rapport de cause à effet, en terme de protocole ou de méthode scientifique), nous ne pourrons jamais concevoir l'inconscient, le Temps ou l'Espace d'une manière différente que de la façon dont nous la percevons... parce que nous ne sommes QUE des hommes, rien de plus, et parce que nous avons des limites à la pensée et surtout à la façon, le modus operandi, dont notre pensée s'organise...
enfin, tout ça après c'est un autre débat...Et le principal débat, je pense est moins sur la définition de la conscience, de l'inconscient ou de notre capacité à analyser le monde, mais sur ce que nous faisons de ce don unique... et sur la responsabilité que nous avons en tant qu'être humain capable de modifier l'environnement, face à une planète impossible à maitriser en totalité, et des ressources de plus en plus ténues... Dommage que ce dieu tombé capable de se souvenir des cieux passe plus de temps à se regarder le nombril qu'à se servir de ses dons pour faire du monde qui l'entoure ce havre de paix et de bonheur auquel il aspire, et qu'il est... finallement, en totale capacité de bâtir...
_________________ Quel temps fait il au boulevard du temps qui passe ? Thinking about tomorrow Tired from all the time I spare On what I still believe in When none of my talk ever seems to get me anywhere
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