Fermer

Entrez vos identifiants


Mot de passe oublié ?

logo de natation pour tous

Afficher menu du site

Nageur en crawl

Natation pour tous
Livre

Nager un crawl efficace

Nouveauté : Natation pour tous vous propose une collection de trois livres complets sur les techniques pour vous perfectionner quel que soit votre niveau et approfondir les thèmes abordés sur ce site internet.

Présentation de la collection

Restez en contact :

facebook Flux rss Natation pour tous sur Twitter

Vous êtes ici : Accueil > Blog > Faut-il 10 000 heures pour devenir un excellent nageur ?

Faut-il 10 000 heures pour devenir un excellent nageur ?

Le 11 décembre 2018

Une théorie à succès

10 000 heures, c’est le temps qu’il faudrait pour devenir expert dans n’importe quel domaine, d’après l’auteur Malcolm Gladwell qui s’est appuyé notamment sur des études menées au début des années 90, auprès de violonistes et de pianistes.

Ce chiffre semble assez cohérent pour la natation. On sait par exemple que la nageuse Rebecca Addlington a totalisé 8840 heures de pratique entre sa 12ème année et ses deux titres olympiques obtenus à 19 ans sur 400 et 800 mètres nages libre. Si l’on ajoute ses très jeunes années de pratique, qui représentent probablement environ 2000 heures, le compte y est.

Derrière cette théorie se dessine bien évidemment un message philosophique : peu importe le talent, seul le travail (long et acharné bien sûr) serait la clé du succès.

Une condition parfois nécessaire mais jamais suffisante.

Cette théorie a connu un tel succès que de nombreuses études ont été menées, dans différents domaines, pour la vérifier. Elles ont en fait trés souvent abouti à des résultats inverses.

Il y a quelques années, un chercheur d’Atlanta, Zachary Hambrick, montrait ainsi que parmi les joueurs d’échecs de niveau moyen, 13% avaient dépassé le temps de pratique des meilleurs joueurs tandis que d’autres avaient atteint un niveau expert en ne consacrant qu’un nombre assez limité d’heures à leur pratique (probablement des gens très doués et donc très énervants !).

Les études sur les joueurs d'échecs sont intéressantes car il existe un classement mondial qui permet de situer précisément tous les joueurs. Cependant, que ce soit en musique, aux échecs ou dans le sport, ces études montrent que le temps de pratique ne compterait qu’à hauteur de 30% pour déterminer le niveau de performances. Elle montre surtout que l'on peut malheureusement aligner les heures d'entraînement sans succès.

Only perfect practice makes perfect

Ces études, portant sur des domaines très variés, peuvent remettre en cause la façon dont on conçoit l'apprentissage. Généralement, il est vu comme une transmission d'un maître à un élève. Ce dernier reçoit les consignes, les comprend puis essaie de les mettre en application. Cette modalité d'apprentissage serait efficace pour les débutants mais insuffisante pour les pratiquants confirmés. Dans leur cas, les consignes se heurtent à des habitudes de fonctionnement difficiles à dépasser. Seule certaines personnes y arriveraient.

L’intérêt pour les neurosciences amène aujourd’hui à prendre davantage en compte ces automatismes et, en ce qui concerne les activités sportives, à reconsidérer le rôle du système nerveux et des muscles. On sait notamment que les muscles envoient en permanence des informations sur leur longueur, leur tension et leur vitesse d’étirement. Ce sont ces informations qui nous permettent de situer les différentes parties de notre corps dans l’espace et de contrôler nos mouvements sans regarder ce que l’on fait.

Le système nerveux doit traiter ces données en les mettant en relation avec les informations :

  • Visuelles. Elles nous renseignent sur notre vitesse de déplacement.
  • Tactiles. Sentir la pression de l’eau au niveau des mains permet de savoir si le mouvement est efficace, par exemple.
  • Et celles du système articulaires qui donnent aussi des indications sur la vitesse et la direction du mouvement.

La quantité d’informations reçue excède largement ce que le système nerveux est capable de traiter consciemment. Il est impossible de prendre en compte toutes ces informations en même temps. Le nageur considéré comme doué, serait celui qui sait diriger son attention vers les sensations les plus pertinentes et utiliser ces informations pour faire évoluer sa technique. A l'inverse, un nageur moyen pourrait laisser passer certaines informations importantes et ne pas s'apercevoir qu'il n'est pas correctement positionné par exemple.

Quelques conseils pratiques

Pour conclure, voici quelques idées pour commencer à appliquer tout ceci.

  • Attention tout d'abord à ne pas tomber dans la routine qui conduit à ne plus faire attention à ses sensations. Une pratique routinière peut conduire à pratiquer des centaines voire des milliers d’heures sans progression.
  • Pendant vos séances, ayez toujours un objectif technique en tête, en connaissant les sensations à rechercher. Il ne faut pas être centré uniquement sur « ce qu’il faut faire » mais aussi sur « ce qu’il faut ressentir ».
  • Adaptez les distances et les temps de repos pour laisser le temps à votre système nerveux de se focaliser sur les bonnes sensations. Lorsque vous commencez à voir un nouveau point technique, nagez des distances courtes avec des temps de repos suffisants.
  • Pratiquez des éducatifs pour enregistrer plus facilement les sensations à retrouver pendant la nage.

Vous souhaitez réagir à cet article ou poser une question? Commentez cet article sur le forum

Références

A lire également