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1 Français sur 7 ne sait pas nager. Est-ce toujours lui qui se noie?

Le 27 juin 2019 (texte mis à jour le 15/06/2021)

La dernière grande enquête française sur les noyades date de 2018. Cet été là, 1649 noyades accidentelles avaient eu lieu pendant l'été, et plus de 400 avaient entraîné un décès (soit 3 décès par jour). Ces chiffres sont souvent mis en relation avec le fait qu'un enfant sur deux ne sait pas nager à l'entrée au collège ou que, plus globalement, un français sur sept ne sait pas nager.

Ce lien, qui semble incontestable, est en fait très problématique. D'abord parce que personne n'est à l'abri de ce risque (la majorité des victimes sait nager). Ensuite, parce qu'il passe au second plan, des mesures de prévention indispensables.

Les dangers des milieux naturels

On pourra d'abord méditer sur le fait que 78% des victimes décédées sont des hommes alors qu’ils sont statistiquement meilleurs nageurs. Plus qu'un problème d'apprentissage de la natation, il semble donc y avoir un problème de conduites à risques (qui peut aller avec une tendance à surestimer ses capacités).

Chez les enfants de plus de 6 ans et les adultes, 86% des noyades mortelles ont lieu en milieu naturel (mer, lacs, rivière). Ces lieux présentent des risques particuliers : courants, vagues, faible visibilité, fonds en pente variable, etc. De ce fait, même un nageur d’un niveau très correct, peut s’y retrouver en difficulté. S'il est vrai qu'un enfant sur deux ne sait pas nager à l'entrée au collège, il faut préciser que le niveau demandé pour être considéré comme "nageur" (qui inclut des déplacements sur 15 mètres sur le ventre et sur le dos) est très insuffisant pour être totalement en sécurité en milieu naturel.

Il est donc urgent de développer une meilleure connaissance de ces risques et d’insister sur l’impérieuse nécessité de se baigner dans des endroits surveillés. Il faut savoir les identifier, par exemple en repérant les drapeaux bleus sur une plage qui indiquent les limites de la zone surveillée. Ces connaissances pourraient d'ailleurs être intégrées aux programmes d'apprentissage de la natation comme c'est parfois le cas à l'étranger.

En plus de la baignade dans des zones non surveillées, on observe chez les adultes et les adolescents, certains comportements problématiques comme :

  • La consommation d’alcool, constatée chez 18% des victimes de plus de 13 ans.
  • La pratique d’une activité autre que la baignade (plongeon, sports nautiques, etc.) sans respecter les consignes de sécurité ou sans porter le matériel obligatoire.

L’agence Santé Publique France publie d'ailleurs des brochures simples et claires, avec des conseils de prévention qui mériteraient d'être plus largement diffusées.

Des piscines familiales obligatoirement protégées (en théorie)

En piscine privée familiale, les accidents et les décès concernent avant tout les jeunes enfants de 0 à 5 ans. Dans cette tranche d'âge particulière, il y a eu 25 décès du 1er juin au 30 septembre 2018, ce qui représente une forte augmentation par rapport aux études précédentes.

La sécurité de ces jeunes enfant ne peut passer que par :

  • La vigilance permanente d'un adulte, clairement désigné, durant les activités de baignade, même si l'enfant sait nager ou se débrouille bien.
  • L'installation d'un dispositif de sécurité garantissant que l'accès à la piscine est impossible le reste du temps.

Pour les piscines enterrées ou semi-enterrées, la loi prévoit depuis 2004 l'obligation d'installer l'un des quatre dispositifs de sécurité homologués : barrières de protection, alarmes, couvertures de sécurité ou abris. A ce sujet, il est étonnant de parcourir les sites de location de maisons de vacances, et de constater qu'il est assez rare de trouver des maisons où les piscines sont sous abris ou entourées de barrières. La première des politiques de prévention ne serait-elle pas de faire respecter cette loi? Quant aux propriétaires, sont-ils conscients qu'ils ne seront pas couverts par leur assurance en cas d'accident s'ils ne respectent pas cette obligation (en plus d'être passible d'une amende de 45 000€)?

Le mythe de la noyade sèche

L'enquête sur les noyades de "Santé Publique France" recense toutes les noyades ayant lieu sur le territoire français. Régulièrement mise à jour, elle tient compte aussi de facteurs spécifiques. Ainsi, l'année 2018 avait été marquée des températures nettement supérieures aux moyennes de saison, ce qui peut expliquer en partie le nombre d'accidents. Malheureusement, l'année 2021 ne s'annonce pas forcément plus clémente de ce point de vue.

L'étude fait enfin le point sur le sujet de la noyade « sèche », qui revient régulièrement sur les réseaux sociaux. Il s'agirait d'une noyade qui interviendrait plusieurs heures, voire plusieurs jours, après une activité de baignade alors que la victime ne présente plus aucun symptôme. En fait, ce concept ne repose sur aucune base scientifique ou médicale. Une noyade peut entraîner des complications à distance mais il y aura dans ce cas des symptômes persistants (toux, fièvre).

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Références

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